Deuil périnatal : le 15 octobre, brisons le tabou !

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Le 15 octobre, comme tous les ans, aura lieu la journée de sensibilisation au deuil périnatal.

Cela fait maintenant plus d’une heure que je tente de rédiger un nouvel article en vain… Ce soir les larmes chassent les mots… Alors je vous invite à relire mon article sur le sujet Ce que j’ai envie de vous dire et à le partager afin de briser le tabou.

Et pour ce qui est de ce post, je vais me contenter de vous copier les liens de mon histoire afin d’aider d’autres paranges et leur entourage. J’aimerais leur montrer que le chemin peut, à nouveau, être beau !

L’annonce heureuse

L’annonce de la perte

L’errance administrative

La nouvelle grossesse

Le bilan de l’année envolée

La revanche de la vie

Ma résilience

N’hésitez pas à lire les commentaires qui m’ont beaucoup aidé à traverser cette tempête dans ma vie. Et j’en profite, une fois encore, pour remercier toutes les personnes bienveillantes qui m’ont soutenu durant ces épreuves. Vous avez été une vraie bouée.

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J’ajoute, pour les girondins, qu’une marche des étoiles est organisée à Bordeaux ce samedi 10 octobre par l’association « Chemin des étoiles » à partir de 17h30. (Départ Parvis de la Maison Ecocitoyenne sur les Quais). La marche s’achèvera par un recueillement tout en lumière.

De 13h30 à 16h30 de nombreuses animations seront proposées pour PETITS et GRANDS et pour TOUT PUBLIC familles touchées ou non par un deuil périnatal.

La page facebook de l’association

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Sensibilisation au deuil périnatal… ce que j’ai envie de vous dire

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Il existe un mot que vous ne trouverez pas dans les dictionnaires. Un mot du coeur, un mot…un état, un passé devenu notre présent… pour nous qui avons dû inventer l’indicible. Ce mot ? Mamange…

Un mot poétique pour traduire l’horreur. Un mot pour dire ce que nous sommes, ce que nous avons vécu et ce dont on nous a privé. Un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire car notre mal est tû…tabou.

 

Aujourd’hui nous sommes le 15 octobre, aujourd’hui c’est la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal.

Aujourd’hui, comme hier ou demain, des bébés à naitre ou à peine nés vont partir rejoindre nos ancêtres.

Aujourd’hui, comme hier, des hommes, des femmes, des parents, des couples, des amis, des patrons vont nier notre mal. Vont nous dire de nous taire, d’oublier, d’avancer… « Vous êtes jeunes », « Vous en aurez des enfants »… il est inutile de ressasser… alors je dirai à ces personnes que ce qui pour eux appartient au passé c’est justement ce qui fait notre présent. On ne peut oublier et l’on ne doit surtout pas oublier…

 

Le deuil périnatal ce n’est pas le deuil de la maternité. Le deuil périnatal c’est le deuil d’un ou plusieurs enfants, comme dans mon cas.

Le deuil périnatal n’est pas un deuil classique, c’est le deuil de l’avenir… l’avenir avec les enfants que vous avez porté, que vous avez aimé, nommé, attendu… Des enfants que vous devez aujourd’hui visiter au cimetière, si vous en avez le courage…

Le deuil périnatal c’est garder en mémoire les sensations de ces mois partagés dans vos entrailles : la rencontre intérieure.

Le deuil périnatal c’est se souvenir de cette nuit terrible où vous avez dû mettre vos enfants au monde et leur dire au revoir. Les bercer dans leur sommeil éternel…

Le deuil périnatal c’est parvenir à trouver ses enfants beaux dans la mort…

Le deuil périnatal c’est continuer à avancer estropié d’un bout de soi…

Le deuil périnatal c’est trouver le courage de vider une chambre d’enfants dans laquelle vous n’entendrez jamais les rires de vos Milo et Théo…

Le deuil périnatal c’est avoir peur de vivre une nouvelle grossesse parce qu’on vous a volé votre innoncence et que maintenant vous savez…

Le deuil périnatal c’est, parfois, avoir peur de vivre tout court…

 

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Alors oui, le deuil périnatal est un deuil dérangeant… mais le deuil périnatal est un deuil respectable. Un deuil qui doit être dit et non tû. Un deuil qui est propre à chaque parange endeuillé. Un deuil qui demande du temps, parfois court, parfois long, avant de faire de ce drame un moteur de vie, une essence nouvelle, constructrice. Mais pour atteindre cela, il faut pouvoir parler, être écouté et non jugé.

 

Le deuil périnatal est un deuil qui n’arrive pas qu’aux autres… et avec ce texte j’aimerai toucher les personnes qui, je le souhaite, ne seront jamais touché par cette épreuve afin que vous compreniez… et surtout afin que certaines phrases ne soient jamais prononcées… Vous n’imaginez pas les horreurs que nous, mamanges et papanges, avons et entendons encore…

 

Et pour vous petites mamanges qui me lisaient…

Dans ma vie j’ai eu 3 enfants… trois petits garçons dont un que j’ai le bonheur de voir grandir.

Parfois je me dis que des mondes parallèles existent… Une autre moi a le bonheur de voir grandir ses jumeaux. Une autre moi… A la vie différente. Une moi, que je ne serai jamais….
Alors je regarde ma vie… Un an et demi après mon drame… Et je me dis que la vie m’a joué des tours mais qu’au final je suis heureuse…. Une mamange amputée de ses jumeaux mais une maman qui regarde son bébé espoir grandir, une femme qui a repris sa vie en main et qui écrit son chemin plutôt que de le subir… Alors je suis heureuse. Heureuse du cadeau que mon Milo et mon Théo m’ont donné… un an et demi est passé et je suis heureuse.

Une partie de moi est avec eux, une partie d’eux est avec moi, et j’avance…. J’avance en souriant avec les larmes au bord du coeur… Des larmes non pas de tristesse mais des larmes de reconnaissance.

Le 12 avril 2013, mes jumeaux m’ont redonné naissance. Je suis autre et je peux enfin être moi. Je vous aime mes bébés étoiles, je t’aime mon bébé espoir. Et je peux le dire aujourd’hui, j’aime la vie.

 

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Belle route à vous petites mamanges, laissez-vous guider par vos nouvelles étoiles. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut honorer leur mémoire.


A nos anges, étoiles, petits moteurs de vie : MERCI !
 

 

Tous ensemble brisons le tabou !

 

Quand le chemin devient beau à nouveau…

deuil périnatal, la grossesse d'après

En février 2011 naissait le Cabinet de la Princesse aux bidouilles. Aujourd’hui, alors que 2013 prépare son départ, je repense à tous ces moments que j’ai partagé avec vous.

Souvent je reçois des mails adorables, des mails qui flattent mon ego, des mails qui me touchent par tant de délicatesse, d’altruisme, des mails dans lesquels vous me remerciez et bien plus encore, des mails qui me donnent du courage dans les dures épreuves que la vie nous impose… Sachez que si je fais « un peu » partie de votre vie, vous êtes aussi un élément essentiel à la mienne.

En avril dernier, je partageais avec vous un peu de ma souffrance…. Je disais au revoir à mes deux bébés étoiles nés trop tôt à presque 5 mois de grossesse… Vos messages ont été nombreux. Merveilleux de réconfort, de poésie… Vous avez su me donner de la force. Alors que j’aurai aimé que le monde s’arrête de tourner…. vous m’avez aidé à me relever.

« Ils auraient pu jouer à d’autres jeux, apprendre à désapprendre. Se taire comme des anges mutins et se bercer dans cet océan de scènes fugaces. Partir vers des aventures dont ils auraient peuplé le monde. Pirates des mers, des terres… mais le trésor s’est enfui. Le coffre s’est refermé et les crabes l’accompagnent vers sa dernière demeure.

La pluie s’abat et une flaque fait Floc. Un nouveau son d’horloge qui  marquera la fin du temps….

Mais après la pluie vient la beauté. Le monde de lumières s’allumera sur le chemin, alors promenons-nous dans les bois et savourons le temps de l’insouciance… »

2 mois après avoir écrit ce texte, un nouveau bébé nous choisissait… et cela fait maintenant 3 mois que nous espérons… :)

Lundi j’irai, plein de courage, à l’hôpital pour mettre toutes les chances de notre côté et éviter que mon corps ne nous lâche une fois de plus. Cette opération va me permettre de rentrer à la maison et de ne pas rester totalement alité.

Ma vie va changer pour les 6 prochains mois pour pouvoir vivre encore plus dans le bonheur après…J’essaierai de rester aussi présente ici qu’en temps normal mais ne m’en voulez pas si je m’éclipse de la toile de temps à autres. ;)

 

♥ Merci mes chers bidouilleurs ! ♥

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Mon petit ventre arrondit… 3 mois…

Un grand merci pour tous vos commentaires. ♥♥♥

La détresse d’une Princesse

Aujourd’hui pas de déco, pas de shopping… Juste la détresse d’une maman sans enfants.

Je n’ai pas pour habitude de parler de moi sur mon blog, ou alors de manière très discrète, mais aujourd’hui je tiens à vous raconter ce que l’administration me fait vivre parce qu’il y a des choses que l’Homme doit savoir.

Stéphane Hessel disait « Indignez-vous ! », et aujourd’hui je m’indigne et je dénonce. Je dénonce le calvaire que peut faire vivre l’administration à une maman endeuillée.

 

Le 12 avril dernier, vous le savez, j’ai accouché spontanément de mes deux petits pois, amours éternels, malheureusement nés sans vie à presque 5 mois de grossesse. Ceux qui ont vécu ce drame savent à quel point c’est déchirant et ceux qui ont des enfants peuvent peut-être imaginer la souffrance que c’est…

Je suis sortie de l’hôpital, et j’ai dû réapprendre… Réapprendre à être moi… Une enveloppe vide qui doit continuer à avancer…

J’ai appelé la Sécurité sociale et on m’a dit que je n’avais pas le droit au congés maternité… Ma maternité était niée. Je n’avais pas d’enfants, pas de statut… juste des images, des souvenirs gravés dans ma mémoire, mon cœur et ma chair a jamais modifié et le devoir de vider une petite chambre…

Au fond, du fond, les médecins ont prolongé mon arrêt maladie. (J’ai été arrêtée très tôt durant ma grossesse à risque.)

 

Vint le jour où il fut temps pour moi de reprendre le boulot, pour continuer ma route, avec dans le coeur ces deux nouvelles petites étoiles. Malheureusement l’accueil au boulot fut terrible…

L’espèce humaine peut être terrifiante parfois. Moi qui suis quelqu’un de profondément humaniste j’ai rencontré la face noire de l’Homme et elle est encore plus laide que ce que l’on peut imaginer…  Devant les propos qui me furent tenus (discriminants, abjectes, indignes, culpabilisants), la médecine du travail ainsi que mon médecin ont prescrits une reprise à mi-temps thérapeutique dans l’attente d’une rupture de contrat.

 

Il y a quelques jours je me suis aperçue que la CPAM me versait des indemnités posenatales (en effet dans un autre monde, si mes bébés n’avaient pas été aussi pressés… j’aurai dû entamer mon congés maternité officiel à cette date…). J’ai donc pris contact auprès d’eux pour qu’ils stoppent la chose. Une chose terrible psychologiquement je vous l’assure…

Là c’est la descente aux enfers…. une expert s’empare de mon dossier et j’apprends qu’en réalité j’avais bien le droit à un congés maternité suite à mon accouchement…  mais que j’ai repris le travail trop tôt (il y a un délai légal à respecter avant de reprendre le travail suite à un accouchement) et que donc j’ai perdu ce droit. Néanmoins ils m’ont versé des indemnités (on ne sait pas pourquoi, du jour au lendemain – deux mois après l’accouchement –  mes indemnités de maladie se sont transformées en congés maternité à la date du lendemain de mon accouchement alors que jusqu’à présents mes relevés notifiés bien un congés maladie.) et il va certainement falloir rembourser cette somme…

Voilà le résultat de l’incompétence d’une fonctionnaire qui  a préféré me répondre « Non » lorsque je lui ai demandé si j’avais la possibilité d’être en congés maternité pour entamer mon deuil… plutôt que « Je ne sais pas, je vous passe quelqu’un…. »

 

La sécurité sociale m’a privé de mon droit au congés maternité, de la reconnaissance de mon statut de mère… une mère sans enfants à bercer, certes, mais une mère, une mamange pour reprendre ce très beau terme.

Je suis en colère, je suis dégoûtée… fatiguée de devoir me battre pour qu’on puisse obtenir ce à quoi nous avons le droit. Fatiguée de l’incompétence de certains… Admettre que l’on ne sait pas est la plus grande des sagesses comme le soulignait Socrate… Dommage que cette conseillère n’ait pas été versée dans la philosophie.

 

Je voulais dénoncer le manque de prise en charge que l’on subit (oui, oui, j’ai bien dit « subit ») suite à la perte de nos enfants…

Dans ces moments là tout s’effondre, on vit dans une bulle noire et certaines personnes s’efforcent de nous y enfoncer (Cette conseillère qui n’a pas su reconnaitre son incompétence, mes médecins qui m’ont dit que je n’avais pas le droit au congés maternité car mes enfants étaient nés sans vie et non morts nés…, ma patronne qui a tenu des propos qui vont au delà de tout ce qu’on peut imaginer…).

Bref… heureusement qu’à côté de tout cela nous avons reçu le soutien nécessaire de la part de la famille et des amis, les vrais… et merci à vous aussi pour vos messages… Ça m’aide à tenir même si parfois j’ai l’impression que jamais je ne parviendrais à rebâtir un monde serein…

 

Voilà… Fin de mon indignation… enfin sur le cabinet, car dans la vie… : )

 

Promis le prochain article sera fidèle au Cabinet ! ;)

 

 

 

 

La princesse aux bidouilles… dit au revoir à ses petits pois…

témoignage sur le deuil périnatal

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Bonjour à tous,

Juste un petit message rapide pour vous expliquer mon absence. Le 12 avril dernier mon corps a décidé qu’il était temps pour mes « petits pois » de venir au monde.

Malheureusement la vie n’est pas faite pour accueillir de si petits bébés. Milo et Théo ont donc rejoins le paradis des bébés, si il existe, à presque 5 mois de grossesse…

La Princesse aux bidouilles fait son deuil…. bises à tous.